Vous aimeriez relayer un article intéressant sur votre page pour augmenter les impressions et l’engagement, mais, comble de malheur, il est en anglais et vos abonnés sont majoritairement francophones?
Ou encore, votre patronne vous confie la mission de rédiger un document en anglais pour une présentation qui aura lieu le lendemain avec de précieux collaborateurs, mais malheureusement, vos compétences dans la langue de Shakespeare sont pour le moins… perfectibles? Que faire?! Pas de problème, demandons à ChatGPT, Claude ou Gemini, vous direz-vous probablement.
Examinons les angles morts de l’IA en traduction de plus près.
Bref historique de l’IA et avènement de la traduction automatique
Évolution dans le temps
Nous le savons, l’image un peu stéréotypée du traducteur qu’on se représentait autrefois, croupissant sous des piles de dictionnaires et parcourant les bibliothèques à la recherche du « mot juste », a quelque peu pâli depuis le temps. Aujourd’hui, avec l’avènement des robots de l’ IA générative comme ChatGPT et ses homologues, on pourrait s’imaginer qu’il suffit d’un clic pour obtenir un rendu presque parfait, peu importe le type de texte et la langue.
L’IA en traduction : une réalité pas si nouvelle
L’intelligence artificielle (IA) est utilisée depuis belle lurette dans le domaine de la traduction, notamment à travers les outils de traduction automatique. Au cours des 10 dernières années environ, avec l’arrivée des moteurs de traduction neuronale (NMT) , on a vu la tâche de traduction se muer peu à peu en travail de postédition, c’est-à-dire le peaufinage ou la révision d’une traduction effectuée par une « machine ».
La technologie évolue à vitesse grand V, et les outils auxquels on recourait il y a 10 ou même 5 ans ne sont plus du tout les mêmes. Il est aussi vrai que ceux dont nous disposons aujourd’hui peuvent donner des résultats particulièrement impressionnants, surtout du côté de ChatGPT. En général, on obtiendra des phrases assez bien construites et imagées, du moins à première vue, sans fautes apparentes d’orthographe ni de grammaire (à moins d’un bogue).
Néanmoins, dans la plupart des cas, nul besoin de s’y attarder très longtemps pour constater que les traductions comportent des erreurs, dont la gravité varie d’anodine à substantielle.
Les angles morts de l’IA en traduction et l’importance de l’intelligence humaine
Les outils comme ChatGPT, Gemini et Claude n’ont pas été conçus expressément pour traduire, mais bien pour comprendre et générer du texte. Ils se servent de probabilités pour prédire la suite logique et ainsi proposer un résultat qui donne l’impression d’un énoncé harmonieux. Ils n’offrent aucune garantie quant à la fiabilité ni à la cohérence des traductions ou des textes fournis.
Genre et contexte : quand leur pertinence prend tout son sens
Parmi les erreurs les plus communes, on peut penser à l’accord en genre et en nombre. Le fameux « they », qui désigne un genre neutre ou inconnu en anglais, sera souvent traduit par « ils » en français, bien qu’il soit clair dans les phrases précédentes, par exemple, qu’on parle d’une seule personne ou que le référent est féminin. Même chose pour les figures de style ou les expressions consacrées à un domaine particulier que l’IA ne saisit pas : il devient alors facile de se retrouver avec un charabia incompréhensible et quelque peu disgracieux.
Ces petits détails peuvent sembler futiles pour un texte du quotidien ou qui a peu de visibilité. Toutefois, dans un contexte professionnel, artistique ou technique, de telles erreurs pourraient avoir de graves conséquences sur l’exactitude, la clarté ou la crédibilité du propos.
Calques, anglicismes et autres faux amis
Rappelons-nous aussi les traductions pour le moins boiteuses d’une série de publicités du Fonds Telus, il y a quelques années, dont l’une où on pouvait lire : « Prenez une profonde respiration, broyez-vous. Va le tuer. » Le texte original, qui n’a vraisemblablement pas été traduit (ni relu!) par des traducteurs professionnels, indiquait ceci : « Take a deep breath, ground yourself. Go kill it. » Une telle abomination ne compromet pas seulement la clarté du message, mais nuit considérablement à l’image de marque et à la réputation de l’entreprise.
La traduction automatique non supervisée comporte également son lot de calques et d’anglicismes. Il n’est pas rare de croiser des « plans » au lieu de « forfaits » ou de « régimes » dans des textes traitant de téléphonie cellulaire ou d’assurances collectives, par exemple.
À terme, l’acceptation de tels écarts, aussi petits soient-ils, finira bien par normaliser le nivellement par le bas des écrits numériques. Il suffit de parcourir les sites Web inintelligibles de plusieurs organismes et entreprises – dont certains sont même canadiens – pour constater l’ampleur des dégâts en cours.
Pour d’autres exemples, consulter notre billet sur les expressions du Web [a].
La cohérence, plus qu’une question de style
Il y a également la question de l’uniformité. Dans un long rapport où l’on retrouve plusieurs fois le même terme clé, ou dans un texte juridique où la terminologie est cruciale, par exemple, on remarque encore beaucoup d’errances de l’IA. Cette réalité découle vraisemblablement du modèle probabiliste avec lequel l’intelligence artificielle travaille (nous pourrons y revenir dans un prochain billet).
Ainsi, sans intervention humaine, le terme anglais « agreement » pourrait être traduit tantôt par « accord », tantôt par « entente », ou encore par « convention » ou « contrat ». Et tout ce beau mélange terminologique peut se retrouver dans un seul et même texte!
Voilà pourquoi ce n’est pas demain la veille qu’on pourra se passer de l’œil humain dans les écrits professionnels et à large portée. Du moins, c’est ce qu’on souhaite aux entreprises qui font des affaires en français, sans quoi leur image de marque pourrait en être gravement atteinte.
L’avenir de la traduction
Partenariat ou rivalité?
En traduction professionnelle, l’idée n’est pas de rejeter complètement les outils ni de s’y montrer réfractaire. Une telle attitude rébarbative ne pourrait que nuire à la profession, nous isoler du reste du monde et fragiliser notre positionnement dans une réalité où la création de contenu est en pleine expansion.
L’IA générative est utile, car elle peut nous offrir une aide précieuse pour organiser pertinemment nos idées, et nous proposer des formulations plus concises lorsqu’il est question de limites de caractères ou d’espace, par exemple.
Les nouvelles technologies du genre peuvent aussi nous aiguiller sur certains sujets et référents plus pointus qui nous échappent. Ne l’oublions pas : la profession de traducteur implique souvent de devenir spécialiste d’un large éventail de sujets en très peu de temps!
Nous devons toujours travailler de plus en plus vite, alors dans une optique de préservation de la qualité, il est indispensable de miser sur l’efficacité pour augmenter la productivité.
La transformation du métier et notre place dans le paysage numérique
Avec les outils et les correcteurs auxquels nous avons accès aujourd’hui, le défi des traducteurs (et des réviseurs) ne réside plus dans la détection d’erreurs d’accord ou de syntaxe, mais dans l’exactitude, la cohérence et l’uniformité. En plus des moteurs de traduction automatique, les professionnels travaillent avec des mémoires de traduction structurées et des bases de données terminologiques (ou glossaires) personnalisées selon le client.
Mais, au-delà des outils, ces langagiers font aussi appel à leur sens du goût, à leur culture, à leur sensibilité et à leur capacité humaine à déceler les subtilités du discours. Ce qui en fait, et en fera toujours, de précieux alliés.
Poursuivez la réflexion en consultant notre guide pour choisir une agence de traduction et de révision [b].
Vers qui ou vers quoi vous tourner?
Alors, qu’en est-il de « demander à ChatGPT » pour nos besoins de traduction au quotidien? Comme mentionné plus haut, les outils sont très utiles pour dépanner à l’occasion ou assister un travail professionnel de traduction ou de révision. Évidemment, faire appel à une agence où la qualité du travail est garantie par de vrais professionnels d’expérience et diplômés demeure la solution la plus sûre.
L’équipe de Maxime Collins inc. est à votre disposition pour vos besoins linguistiques, qu’il s’agisse de traduction, de révision ou de correction d’épreuves. Nous assurons un service personnalisé, clé en main et, surtout, humain. Contrairement aux machines, nous ne vous oublions pas une fois la tâche terminée. Nous serons toujours là pour répondre à vos questions et assurer un suivi rigoureux.
Conclusion
L’intelligence artificielle a profondément transformé le monde de la traduction en lui offrant rapidité et accessibilité. Malgré des progrès impressionnants, elle demeure limitée lorsqu’il s’agit de saisir les nuances culturelles, le ton, l’intention ou les subtilités propres à un contexte précis. Les angles morts de l’IA en traduction (ambiguïtés linguistiques, références culturelles, jeux de mots ou sens implicites) rappellent une vérité essentielle : la langue est vivante, humaine et profondément contextuelle.
C’est pourquoi l’œil humain reste, et restera toujours, indispensable. Les traducteurs ne se contentent pas de transposer des mots; ils interprètent un message, l’adaptent à un public cible et en assurent la portée. L’avenir de la traduction ne repose donc pas sur une opposition entre l’humain et la machine, mais sur une collaboration intelligente, où la technologie est au service du travail humain, sans jamais le remplacer.
N. B. Ce billet n’a PAS été généré par l’intelligence artificielle! 😉
FAQ
L’IA peut-elle remplacer complètement les traducteurs humains?
Non. L’IA excelle dans les traductions simples et répétitives, mais elle peine à saisir les nuances, l’intention communicative et les subtilités culturelles. Le jugement humain demeure crucial pour garantir une traduction fidèle et naturelle.
Quels sont les principaux angles morts de l’IA en traduction?
Parmi les angles morts de l’IA en traduction les plus courants, on retrouve l’interprétation du contexte, l’humour, l’ironie, les expressions idiomatiques, les références culturelles et les variations de ton selon le public cible.
Dans quels cas l’intervention humaine est-elle indispensable?
Les contenus marketing à large portée, juridiques, littéraires, médicaux ou institutionnels, où la précision, la sensibilité culturelle et les enjeux sont importants, doivent impérativement faire l’objet d’une intervention humaine.
L’IA est-elle utile en traduction professionnelle?
Oui. L’intelligence artificielle est un excellent outil d’aide à la traduction, car elle peut accélérer les processus, proposer des premières versions ou des versions plus concises, informer sur certains sujets plus pointus et améliorer la productivité, pourvu qu’elle soit utilisée sous la supervision d’un professionnel.
Quel est le meilleur modèle pour une traduction de qualité?
Pour atteindre un maximum d’efficacité, le meilleur pari est le modèle hybride : une alliance entre la puissance de l’IA et l’expertise humaine. Cette stratégie permet de profiter de la rapidité technologique tout en assurant une qualité linguistique et culturelle optimale.