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Traduire un mauvais texte : comment livrer une traduction de qualité malgré tout

Publié le 21 septembre 2026

Les traducteurs professionnels n’ont pas de contrôle sur les textes qu’ils traduisent. Dans le flux de travail des grandes entreprises, on ne sait pas toujours qui a rédigé le contenu original. Il n’est pas rare de se retrouver avec un fichier rafistolé par différentes équipes, ou même généré entièrement par l’intelligence artificielle. La traduction d’un mauvais texte fait intrinsèquement partie de la réalité du métier.

Même si le document source est imparfait, les attentes et l’objectif d’un service de traduction restent les mêmes : livrer une traduction de qualité. Alors, comment y parvenir?

Dans cet article, nous allons définir ce qu’est un « mauvais texte », présenter les principaux problèmes rencontrés, résumer la démarche professionnelle du traducteur et en apprendre davantage sur les limites de l’IA.

Qu’est-ce qu’un « mauvais texte »?

Par « mauvais texte », on entend un texte qui peut être problématique pour une ou plusieurs raisons : manque de clarté, style confus, fautes de langue ou de frappe, renseignements contradictoires, terminologie incohérente, idées sans lignes directrices, manque de rigueur, détails factuels erronés, etc.

Certains éléments sont plus faciles que d’autres à traiter, notamment les erreurs linguistiques qui ne touchent pas le sens. Toutefois, le travail se corse lorsque le message est altéré ou mal rédigé dès le départ.

Les problèmes rencontrés

Quand un texte source comporte des erreurs ou manque de clarté, le traducteur doit faire preuve de vigilance. Certains problèmes peuvent être corrigés facilement, mais d’autres nécessitent des vérifications supplémentaires ou encore une confirmation du client. Voici les principaux soucis auxquels un traducteur peut être confronté.

Les erreurs linguistiques

Les erreurs linguistiques sont des problèmes qui touchent directement la forme du texte, sans nécessairement en modifier le sens. Il s’agit probablement des fautes les plus faciles à repérer pour un linguiste :

Si la faute est évidente et qu’elle ne change pas le sens du texte, le traducteur peut simplement la signaler au client et s’assurer qu’elle ne sera pas reproduite dans la langue cible. Pour en apprendre davantage sur les types d’erreurs linguistiques et leur description, consultez ce tableau explicatif des catégories de fautes.

Le manque de clarté et les ambiguïtés

Un manque de clarté ou une ambiguïté signifie que le message n’est pas formulé de façon suffisamment précise pour être compris sans équivoque. Une phrase peut, par exemple :

Pour le lecteur, ces problèmes peuvent rendre le texte difficile à comprendre. Pour le traducteur, cela représente un défi supplémentaire : il doit s’assurer de comprendre ce que l’auteur veut dire, puis rendre le message de façon claire.

La prudence est de mise dans les cas où plusieurs interprétations sont possibles; on ne doit pas changer le sens du message.

Les contradictions et les incohérences

Lorsqu’une même information n’est pas présentée de façon uniforme dans un document, il s’agit d’une incohérence. En voici quelques exemples :

Le traducteur doit donc comparer les différentes parties du document et vérifier les renseignements qui lui sont accessibles avant de décider s’il peut corriger l’erreur ou s’il doit demander des précisions au client.

La démarche professionnelle devant un texte source problématique

Un mauvais texte source ne condamne pas nécessairement la traduction à être erronée. Voici un résumé en quatre étapes de la démarche professionnelle qu’un traducteur doit adopter pour traiter un problème qui provient du texte source.

1. Évaluer l’erreur

La première étape consiste à déterminer la nature et l’importance du problème. Le traducteur doit notamment se poser quelques questions :

Certaines fautes peuvent être corrigées sans l’intervention du client. En revanche, une erreur qui touche au contenu ou au sens mérite une attention particulière.

2. Vérifier le contexte

Avant de prendre une décision, le traducteur doit vérifier si le reste du contenu permet de comprendre ou de confirmer l’information. Il peut consulter les sections un peu plus loin dans le document, les fichiers traduits précédemment, les glossaires, les références ou toute autre source fiable.

Cette vérification permet parfois de résoudre le problème sans avoir à interrompre le processus de traduction.

3. Signaler les problèmes importants

Le traducteur est parfois amené à jouer le rôle de dernier filet de sécurité, mais il n’est jamais responsable du contenu original. Si le problème est susceptible de modifier le message ou d’entraîner des conséquences importantes, le traducteur peut le signaler au client, puis demander des précisions.

4. Effectuer les corrections

Une fois l’information vérifiée ou confirmée par le client, le traducteur peut effectuer les corrections nécessaires lors du processus de traduction. L’objectif est de livrer un texte fluide et fidèle au sens, sans reproduire les erreurs évidentes du document source. Consultez notre article Comment éviter les erreurs de traduction de l’anglais vers le français dans les entreprises québécoises pour obtenir des astuces!

Ces étapes permettent au traducteur de résoudre les problèmes qu’il rencontre à la traduction. Sa responsabilité consiste à produire un rendu de qualité et à signaler les problèmes qui dépassent le cadre de son intervention.

Traduire un mauvais texte : les limites de l’IA

Les outils d’intelligence artificielle et de traduction automatique peuvent accélérer le processus de traduction, mais le résultat généré sera à l’image du document source si ce dernier est de mauvaise qualité. L’IA n’a pas le jugement nécessaire pour évaluer la qualité d’un texte ni déceler les fautes insidieuses qui sont évidentes pour un cerveau humain. Notre article de blogue sur les angles morts de l’IA permet de pousser la réflexion à ce sujet.

La traduction d’un mauvais texte générée par l’IA peut donc sembler fluide à première vue, mais elle reproduira inévitablement les erreurs, et en introduira peut-être quelques-unes de plus. Laissée entièrement entre les mains de l’IA, la traduction d’un mauvais texte peut rapidement devenir un charabia incompréhensible, voire un enchaînement de phrases sans rapport logique entre elles : le résultat peut parfois même frôler le ridicule.

C’est précisément dans ce type de situation que l’intervention d’un professionnel demeure particulièrement précieuse : un traducteur analyse, vérifie, pose des questions et prend des décisions en fonction du contexte… c’est ce que l’IA n’a pas encore la capacité de faire entièrement. Comme l’explique notre article sur la postédition, la collaboration entre l’humain et la machine est la clé pour allier productivité et qualité.

Conclusion : livrer une traduction de qualité

Traiter un mauvais texte demande plus d’habiletés qu’une bonne maîtrise des langues. Le traducteur sait repérer les problèmes qu’il doit corriger, et reconnaître ceux qui exigent une consultation avec le client.

Une équipe de traducteurs qualifiés est (presque) capable de faire des miracles avec un texte de moins bonne qualité. Un professionnel sait faire preuve de vigilance, vérifier le contexte et se poser les bonnes questions au bon moment. Au moyen d’une démarche rigoureuse, d’outils pertinents et d’une communication efficace avec le client, ET dans les mains de la bonne équipe, un texte de qualité moyenne devient une traduction claire, fiable et naturelle dans la langue d’arrivée.

La capacité à conjuguer expertise linguistique, esprit critique et prudence professionnelle démontre toute la valeur d’un service de traduction professionnelle.

Maxime Collins

En avril 2021, Maxime Collins a lancé sa propre agence, Maxime Collins inc. Il est maintenant épaulé par une équipe de spécialistes chevronnés afin de vous offrir des services de traduction, de révision et de correction d’épreuves qui répondent à vos besoins.