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Les anglicismes courants au Québec et leurs équivalents français

Publié le 12 octobre 2026

Un courriel promotionnel est envoyé pour inviter les clients à « canceller leur meeting avant la deadline », et personne dans l’équipe n’y voit de problème jusqu’à ce qu’un client fasse remarquer poliment que la phrase n’est pas formulée dans un français correct. Les anglicismes courants s’immiscent si naturellement dans les textes professionnels rédigés en français québécois que bon nombre d’entre eux passent inaperçus jusqu’à ce qu’une personne extérieure à l’organisation les signale. Savoir quels termes sont considérés comme des anglicismes et par quels équivalents les remplacer en français permet de préserver l’image de professionnalisme d’une marque tout en veillant au respect des exigences linguistiques du Québec.

La difficulté réside dans le fait que tous les anglicismes ne sonnent pas forcément comme de l’anglais; certains ont une apparence et une prononciation tout à fait françaises tout en ayant un sens emprunté à l’anglais. Ils sont donc beaucoup plus difficiles à repérer lors d’une révision courante qu’un mot comme email ou meeting.

À quoi ressemblent les anglicismes courants en français québécois

Un anglicisme est un mot, une expression ou une structure grammaticale empruntée à l’anglais et utilisée en français, même si un terme français tout à fait approprié existe déjà pour exprimer la même idée.

Les anglicismes courants se répartissent généralement en quelques catégories bien définies. Les emprunts directs consistent à intégrer un mot anglais tel quel en français, par exemple email au lieu de « courriel ». Les calques traduisent littéralement une expression anglaise en lui donnant une structure française qu’un locuteur natif n’emploierait pas normalement, comme « ça fait du sens » (that makes sense) au lieu de « c’est logique ». Les verbes hybrides sont formés à partir d’une racine anglaise à laquelle on ajoute une terminaison française, ce qui donne des mots comme canceller ou focusser, au lieu d’« annuler » et de « se concentrer ». Enfin, les anglicismes syntaxiques reprennent des structures de phrases anglaises, comme « appliquer pour un emploi » (apply for a job) au lieu de « poser sa candidature », ou encore l’emploi de « définitivement » en début de phrase, de manière autonome, comme un anglophone pourrait utiliser definitely.

Il est moins important de savoir à quelle catégorie appartient un anglicisme que de savoir qu’il existe. En pratique, l’essentiel est de prendre l’habitude de s’arrêter sur un terme qui semble un peu trop calqué et de vérifier s’il existe déjà un équivalent français établi avant d’envoyer un document.

Les anglicismes courants dans les communications professionnelles

Certains anglicismes sont si répandus dans les milieux de travail au Québec qu’on ne les remarque même plus, alors qu’il existe des équivalents français appropriés, généralement privilégiés dans les textes professionnels.

Anglicisme courantCatégorieÉquivalent français recommandé
EmailEmprunt directCourriel
MeetingEmprunt directRéunion
DeadlineEmprunt directÉchéance
FeedbackEmprunt directRétroaction, commentaires
CancellerVerbe hybrideAnnuler
BookerVerbe hybrideRéserver
CheckerVerbe hybrideVérifier
AdresserVerbe hybrideAborder, traiter, répondre
ImpacterVerbe hybrideToucher, influencer, influer
Ça fait du sensCalqueC’est logique, cela a du sens
Être confortable (avec une idée)CalqueÊtre à l’aise, être d’accord
Mettre l’emphase surCalqueMettre l’accent sur, mettre en valeur
Sauver du temps / de l’argentCalqueGagner du temps, économiser de l’argent
Penser en dehors de la boîteCalquePenser autrement, sortir des sentiers battus, faire preuve de créativité

Des outils de référence comme la Vitrine linguistique de l’OQLF proposent une vaste liste de ces termes, régulièrement mise à jour, accompagnés de leurs équivalents recommandés en français. L’entrée consacrée à « courriel » illustre bien comment cet outil explique non seulement le terme à privilégier, mais aussi les raisons qui justifient ce choix.

Des anglicismes qui échappent souvent au correcteur orthographique

Les anglicismes présentés ci-dessus sont relativement faciles à repérer, puisque les mots empruntés ne ressemblent pas aux mots français courants. Une deuxième catégorie, plus insidieuse, pose beaucoup plus de problèmes : les mots qui existent déjà en français et qui sont correctement orthographiés, mais auxquels on attribue un sens emprunté à un mot anglais de forme similaire.

Par exemple, « définitivement » est un mot français tout à fait correct, mais il signifie « de façon permanente » ou « une fois pour toutes », et non « certainement » ou « sans aucun doute », comme c’est souvent le cas de definitely en anglais. Le mot « opportunité » existe bel et bien en français, mais « occasion » ou « possibilité » est généralement plus naturel dans les textes professionnels courants. Le verbe « réaliser » est souvent employé au sens de « prendre conscience de quelque chose », sous l’influence de l’anglais to realize, alors que « s’en rendre compte » correspond davantage à l’usage courant du français québécois. Le verbe « supporter » est parfois employé pour exprimer un soutien moral ou logistique, alors qu’« appuyer » ou « soutenir » sont généralement préférables. En français standard, « supporter » signifie plutôt « tolérer » ou « endurer quelque chose de désagréable ».

Ces cas sont d’autant plus importants qu’ils passent inaperçus aux yeux des correcteurs orthographiques et peuvent facilement échapper à la vigilance des rédacteurs, même les plus minutieux. C’est pourquoi il est généralement recommandé de procéder à une révision axée sur la terminologie.

Pourquoi la lutte contre les anglicismes est importante pour les entreprises au Québec

Les anglicismes occasionnels passent généralement inaperçus dans les conversations informelles, mais les textes professionnels sont soumis à des exigences différentes. Les documents destinés aux clients, les contenus marketing et les communications internes qui abusent des anglicismes peuvent donner une impression de négligence, même lorsque le message de fond est pertinent. Pour les entreprises qui doivent déjà composer avec les exigences linguistiques du Québec, l’utilisation systématique de la terminologie recommandée par l’OQLF contribue également aux efforts visant à assurer une conformité plus générale.

Les entreprises qui revoient leurs pratiques linguistiques dans leur ensemble, notamment pour se conformer à la loi 96, constatent souvent que l’élimination des anglicismes courants constitue l’une des améliorations les plus rapides et les moins coûteuses à effectuer. Contrairement à un projet de traduction complet, la correction de la terminologie dans des documents existants nécessite rarement de réécrire des sections entières, puisque la plupart des modifications consistent simplement à remplacer un terme par un autre, sans changer le reste de la phrase. Faire réviser des contenus existants pour en vérifier la qualité du français québécois permet généralement de repérer bien plus de ces petites erreurs qu’une simple relecture à l’interne.

Comment repérer et corriger les anglicismes dans vos contenus

Quelques bonnes habitudes suffisent à limiter les anglicismes dans les textes professionnels, et ce, sans ralentir le travail de l’équipe.

Pour les équipes qui souhaitent approfondir le débat sur l’influence de l’anglais sur le français québécois, cet article sur le franglais au Québec explore l’origine de ces emprunts et explique pourquoi certains sont mieux acceptés que d’autres. Les entreprises qui adaptent leurs contenus au marché québécois peuvent également tirer profit d’une révision ciblée pour le Québec, en complément de la correction linguistique habituelle.

Rédiger avec assurance dans un français québécois clair et correct

Les anglicismes courants passent facilement inaperçus précisément parce qu’ils semblent si naturels à l’oral. Dans les textes professionnels, toutefois, de petits choix terminologiques, comme « courriel » plutôt que email ou « réunion » plutôt que meeting, contribuent à donner à une marque une image plus soignée et crédible. Les clients remarquent souvent cette qualité, même s’ils ne savent pas toujours expliquer pourquoi un document leur paraît plus professionnel. Un court glossaire, une révision axée sur la terminologie et les ressources de l’OQLF suffisent généralement à repérer la grande majorité de ces erreurs avant même que les documents se retrouvent dans la boîte de réception des clients.

Les équipes qui souhaitent obtenir un deuxième regard sur leurs contenus destinés aux clients peuvent demander une révision linguistique en français avant la mise en ligne d’une publication importante ou le lancement de leur prochaine campagne.

Foire aux questions

Que sont les anglicismes courants et pourquoi sont-ils si répandus en français québécois?

Les anglicismes courants sont des mots, des expressions ou des structures de phrases empruntés à l’anglais et intégrés au français. Ils sont souvent utilisés parce qu’ils sont plus courts, plus familiers dans un milieu de travail bilingue ou simplement ancrés dans les habitudes de collègues qui les emploient depuis des années. Les contacts quotidiens étroits du Québec avec l’anglais, notamment par l’intermédiaire des médias, des technologies et du commerce, contribuent à la grande popularité de certains anglicismes, même lorsqu’il existe déjà un équivalent français clair et bien établi, généralement privilégié dans les écrits professionnels et les communications destinées aux clients.

Est-ce que tous les anglicismes sont considérés comme incorrects en français québécois?

Pas forcément. Certains emprunts sont devenus pleinement acceptés, ou se sont lexicalisés, dans le français québécois courant au fil du temps, tandis que d’autres demeurent déconseillés dans les écrits officiels ou professionnels. L’OQLF fait la distinction entre les termes qu’il recommande activement d’éviter et le vocabulaire qui s’est naturellement intégré à la langue au fil des décennies. C’est pourquoi il est beaucoup plus fiable de consulter une ressource linguistique spécialisée que de se fier uniquement à ses habitudes.

Comment une entreprise peut-elle repérer les anglicismes qu’elle utilise sans même le savoir?

Une révision axée spécifiquement sur la terminologie permet de repérer beaucoup plus d’anglicismes qu’une révision linguistique générale. Comparer les termes couramment utilisés à l’interne avec le vocabulaire recommandé par l’OQLF, ou demander à une deuxième personne de relire les contenus destinés aux clients avec un regard neuf, permet généralement de repérer les anglicismes récurrents auxquels le rédacteur d’origine s’est habitué depuis longtemps. C’est particulièrement utile pour les termes qui, à première vue, semblent tout à fait français, tant par leur forme que par leur sonorité.

Maxime Collins

En avril 2021, Maxime Collins a lancé sa propre agence, Maxime Collins inc. Il est maintenant épaulé par une équipe de spécialistes chevronnés afin de vous offrir des services de traduction, de révision et de correction d’épreuves qui répondent à vos besoins.